Tuesday, March 27, 2018

nouvelle sa fek tonbe CORRUPTION: Bon appétit messieurs-dames!

La lutte anti-corruption continue de faire tomber des têtes partout dans le monde. Cette semaine c’est le président du Pérou, Pedro Pablo Kuczynski qui, accusé dans le scandale qui fait trembler toute la classe politique en Amérique du sud, l’affaire Odebrecht, annonce sa démission pour éviter l’humiliation d’être destitué par le congrès péruvien.

En même temps c’est le suspense au Brésil où la cour d’appel qui a condamné l’ex-président et icône de la gauche Lula da Silva à 12 ans de prison et un mois, peut interrompre à tout moment sa campagne présidentielle qu’il a commencée pour l’envoyer en prison. 
En Corée du sud, c’est l’ancien président Lee Myungbak, soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin quand il était en fonction, qui doit répondre de près de vingt chefs d’accusation.
 Mais le clou de la semaine c’est la mise en examen, mercredi 21 mars, de l’ex-président français Nicolas Sarkozy, qui risque s’il est reconnu coupable de fortes amendes, y compris au moins 10 ans de prison. 
Nicolas Sarkozy est désormais sur le banc de l’accusation dans ce qu’on appelle ‘l’affaire libyenne’, jusqu’à 50 millions d’euros qui auraient été reçus en cash par son équipe de campagne électorale en 2007 de la part du défunt président libyen Mouammar Kadhafi.
 La France participera quelques années plus tard au soulèvement qui emportera le régime de Kadhafi, et où celui-ci sera tué. Mais les accusations contre Sarkozy ne concernent que les soupçons de financement extérieur de sa campagne électorale, ce qui est interdit par la loi. 
Ce que nous voulons souligner c’est comment dans tous les cas mentionnés, personne ne s’oppose à l’application de la justice.
 C’est donc définitivement la justice qui fait la différence entre un pays respectable … et, pardonnez l’expression, un ‘shithole’. Ou pour commencer entre une vraie démocratie et une dictature quelconque. 
Ni au Pérou, ni au Brésil, ni en France on n’entend des voix s’élever pour empêcher la justice de faire son travail. 
Ni non plus pour demander le lynchage de la personnalité mise en accusation.
 La justice, si l’on peut dire, est seul juge.
En France, le parti de Sarkozy, les Républicains, peut maugréer que cela a l’air de persécution politique … mais n’en est pas moins obligé comme tout le monde d’attendre les résultats de l’instruction, parce que certain aussi, comme tout le monde, que si le dernier mot doit rester à la justice mais c’est aussi une justice, pardonnez le pléonasme, juste, oui toujours équitable, irréprochable.
Car, que ce soit au Pérou ou au Brésil, ou en Corée du Sud, un parti qui refuserait de jouer le jeu alors que la condamnation prononcée contre son ou ses élus, est équitable, automatiquement ce parti se déconsidérerait aux yeux non seulement de ses propres votants mais aussi aux yeux de toute la nation. 
Ainsi qu’aux yeux de toute la communauté internationale, de toute la planète. Car, comme dit le proverbe, qui veut son respect se le procure.
C’est pour éviter une telle ignominie, qui tomberait sur l’Afrique du Sud, qu’on a vu comment le parti au pouvoir à Pretoria (l’ANC / African National Congress, le parti créé par le héros sud-africain Nelson Mandela) a multiplié les pressions pour forcer le président Jacob Zuma à présenter sa démission avant d’arriver aux élections générales.
 Et pour finir, bien entendu c’est à tout le contraire qu’on assiste en Haïti. C’est le parti au pouvoir lui-même, qui détient les deux principaux pouvoirs (législatif et exécutif),  c’est encore lui qui sert de bouclier à ses représentants soupçonnés dans une affaire de détournement de fonds, quelque 3.8 milliards de dollars provenant des revenus de la vente de pétrole livré au pays par le Venezuela, l’affaire Petrocaribe.
 Or dans le même temps, le même parti aspire à garder le pouvoir. Et comment ! 
Haïti est donc unique en son genre dans le monde où nous vivons. 
Partout les partis politiques, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, aspirent surtout à protéger leur image, afin de ne pas démériter aux yeux de leur électorat et de la nation.  
 Et aussi de la place qu’occupe leur pays dans le monde.
 Et s’il s’agissait d’un pays non démocratique, comme le leader de la Corée du Nord, Kim Jong-un, qui viendrait à s’avilir dans une affaire quelconque, si ce n’est par la voie de la justice comme dans un pays démocratique, une autre solution serait probablement trouvée par le système nord-coréen pour se débarrasser de lui. Un quelconque accident mortel !
Non, Haïti est unique en son genre. Un parti déjà quasiment ce qu’on appelle un parti unique, puisque détenant tout le pouvoir, mais de plus décidé à utiliser tous les stratagèmes, constitutionnels ou pas, pour garder le pouvoir, or ayant en même temps le loisir de barrer la route à la traduction en justice d’une affaire où le corps du délit est totalement évident : la disparition de plusieurs milliards de dollars de la caisse publique presque sans laisser de traces sinon les hideux décombres de constructions abandonnées avant même d’avoir été entamées et qui trônent partout à Port-au-Prince et dans les environs comme des fantômes dans une ville transformée en cimetière.
C’est plus qu’un déni de démocratie, au sens où, comme nous venons de le voir, celle-ci se pratique presque partout aujourd’hui dans le reste du monde : par le respect de soi-même (comme parti politique, au pouvoir ou dans l’opposition), et partant respect pour ses électeurs, pour la nation et assurant le respect de son pays dans le monde, pire que la dictature, il ne s’agit ni plus ni moins que de banditisme politique. 
Et nulle part le fameux mot de Donald Trump ne trouve autant son application ! 
On espère que nos dirigeants, puisqu’ils sont aujourd’hui nos dirigeants, que nous le voulions ou non, et qu’ils le veuillent ou non puisqu’ils semblent ne jamais se le rappeler, qu’ils commencent à méditer sur la situation dans laquelle ils nous ont jetés. 
Et le déshonneur qu’ils font peser sur notre nation … Qui n’en mérite vraiment pas autant. Un peu de pitié !
 
Haiti en Marche  -