Wednesday, April 4, 2018

RESEAUX SOCIAUX : Fake news ou comment manipuler l’intimité des clients contre leur gré

On suit les révélations sur le réseau Facebook dont on rapporte qu’il utilise à leur insu les données des particuliers qui y circulent.
Non, comme on le disait de la part de la CIA du président George Bush fils au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 pour espionner les particuliers, mais cela a 
bougé d’un cran, est allé plus loin pour tomber dans l’utilisation des réseaux sociaux pour influencer les résultats des élections générales. 
Nous parlons des élections américaines de novembre 2016, rien que ça, qui ont porté le milliardaire Donald Trump à la Maison blanche. 
Ainsi que du referendum en Grande Bretagne qui a accouché du Brexit, la décision de sortir du Marché commun européen.
Des révélations de première main, venant d’experts bien au courant de ces pratiques, montrent comment Facebook a pu laisser une entreprise britannique (Cambridge Analytica) utiliser sans leur consentement les données personnelles de 50 millions d’utilisateurs pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d’influencer le vote des électeurs. 
CA (Cambridge Analytica) a travaillé pour la campagne du candidat républicain Donald Trump, élu président des Etats-Unis en 2016. A la surprise de plus d’un … 
Aujourd’hui, Facebook – mais aussi Twitter ou Goggle – sont accusés ou soupçonnés d’avoir servi de plateforme de manipulation de l’opinion publique. 
Y compris via des subsidiaires liés à la Russie lors de la campagne présidentielle américaine, pour noircir la candidate démocrate Hillary Clinton en faveur de son challenger le républicain Donald Trump ou encore pour influencer le vote anti-Union européenne lors du référendum sur le Brexit en 2016.
Le président Vladimir Poutine considère Hillary Clinton comme le pire ennemi des intérêts de Moscou, en même temps que la Russie est plus intéressée à une Europe divisée que unie.
 Des voix s’élèvent pour que les trois firmes (Facebook aussi bien que Twitter et Google) soient auditionnées au Congrès américain. 
Mais qu’y a-t-il ici de nouveau pour nous Haïtiens ? Nous avons vu une compagnie privée de téléphonie sans fil et d’internet en Haïti faire ouvertement campagne pour les candidats d’un même parti politique (PHTK pour ne pas le nommer) et à chaque fois c’est le candidat en question qui l’a emporté. 
C’est Joseph Michel Martelly en 2011 et Jovenel Moïse en 2016. 
Aussi bien l’un que l’autre ont été élus contre leurs rivaux mais dans un mouchoir de poche, c’est-à-dire avec un taux de participation électorale d’à peine 10 pour cent. Or c’est là tout le secret car cela permet de cerner plus facilement la question. Simple calcul arithmétique - mais à l’échelle numérique c’est à dire une manipulation de l’électorat à son insu pour le conduire là on l’on veut.
La première révolution technologique à laquelle les Haïtiens aient jamais pris part ...
 Or c’est quoi la démocratie ? Du moins tel que nous la pratiquons. Quel que soit le nombre de votes comptabilisés, le premier est celui qui vient en tête. Le gagnant ramasse toute la mise. 
Les autres candidats n’ont toujours pas compris ce qui leur est arrivé !
 Or si c’est arrivé aux Etats-Unis, le pays le plus avancé en la matière, voire alors chez nous.
 Or chez nous il est bien évident que le peuple haïtien n’a encore rien compris à ces manoeuvres. 
Première explication : les réseaux sociaux sont la première révolution technologique à laquelle les Haïtiens aient jamais pris part directement. 
On a l’habitude de dire que Haïti a raté la révolution industrielle, voire la révolution nucléaire, Dieu merci, nous n’avons jamais envoyé qui que ce soit dans l’espace, sauf, dirait Rodrigue Milien, nos ‘loups garous’. 
Par contre aujourd’hui chaque Haïtienne et chaque Haïtien, de 15 à 105 ans, possède un téléphone portable, qui dit mieux un ‘smart phone’ et tous branchés sur non pas l’un ou l’autre mais sur tous ces grands réseaux internationaux en même temps : WhatsApp, Facebook, Google etc. Et les plus branchés, également sur Twitter.
 Pour faire quoi ? 
Pour voir défiler un flot ininterrompu de soit disant informations mais surtout de messages de propagande diverse camouflés en informations apparemment normales, de vidéos, calembours, montage de toutes sortes, tout cela réalisé de main de maître, un véritable cinéma maison où le consommateur téléphonique est livré corps et âme (oui totalement inconscient) aux mains des distributeurs.
 Or qui sont ces derniers ? That is the question. 
Facebook comme dans le secret du confessionnal
 ... Aujourd’hui nous voyons l’opinion internationale commencer à douter de Facebook, quand on a pu mesurer que sur 24 heures, beaucoup y passent près d’une demi journée. Que deviennent toutes les informations que je déverse ainsi sur moi-même, ma famille, mes enfants ? On consulte son Facebook comme on va au confessionnal, n’hésitant pas à y livrer ses plus profonds secrets.
Et désormais qu’on découvre que ces mêmes confidences peuvent être utilisées contre nos intérêts, ça ne va pas être facile de changer. Un véritable déchirement, ma chère ! Mais pour nous Haïtiens, Haïtiennes, l’ennui est que nous n’avons rien d’autre. Qu’avons-nous à offrir à ce peuple qui, avant de penser à envoyer son enfant à l’école, court acheter un nouveau téléphone plus ‘performant’.
Ça sert à oublier tant de problèmes ...
 Parce qu’en Haïti il n’existe plus ni cinéma, ni théâtre et le téléphone coûte moins cher qu’une soirée au bal. 
Et surtout ça sert à oublier tant de problèmes : le chômage, la cherté de la vie, ou s’il faut l’appeler par son nom : la misère noire mais aussi la laideur de la ville. De la vie. 
Alors, comme dit la comptine : ‘fè dodo titit.’ 
Que toutes ces histoires soient pour m’induire en erreur, pour me tromper, pour voler mon vote alors même que je n’ai jamais mis les pieds dans un bureau de vote, je m’en fous puisque tous les mêmes. Alors laissez moi m’amuser. Pour une fois que ce n’est pas seulement une distraction pour les plus riches. 
Ainsi donc les entreprises internet diseuses de bonne aventure mais pour nous pousser tout droit dans les bras de leur candidat, du candidat qui promeut leurs intérêts, en Haïti ces entreprises-là ont encore de beaux jours devant elles.
 Vous me direz : que fait la presse, que font les médias sérieux ? 
Réponse : la véritable information a été repoussée depuis longtemps de côté au bénéfice du règne des ‘fake news’. 
Manque de rigueur et de professionnalisme 
...
Alors la première à dire non, cela devrait être la presse. Mais en a-t-elle encore les moyens ? Dans un film paru après la victoire de Trump et réalisé par le grand acteur George Cloney sous le titre ‘Good night and good luck’ (Bonne nuit et bonne chance), celui-ci dénonce la presse d’être devenue par son manque de rigueur et de professionnalisme le principal instrument aujourd’hui de la montée de l’autoritarisme. Ici comme ailleurs.Alors ? 
‘Good luck !’.
SOURCE HAITI EN MARCHE ET MELODIE FM